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1 - Introduction

Pièce 002 : article du quotidien brésilien 'Folha de Sao Paulo' du 22-07-1981

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Eclairage : la FUNAI crée une jurisprudence suite aux problèmes rencontrés autour du film 'Raoni'.

 

Traduction d'extraits de l'article :

La FUNAI [Fondation Nationale de l'Indien] autorise le film “India”

(...) [India] est le second film commercial avec la participation d'indiens. Le premier fut 'Raoni', de Jean-Pierre Dutilleux qui, jusqu'à aujourd'hui, n'a pas respecté l'accord signé avec la FUNAI de transférer 10% des bénéfices aux indiens Txucarramae, de la région du Xingu.

(...) Dans une tentative d'éviter la répétition des problèmes survenus avec le film 'Raoni', qui a été montré dans le monde entier, la FUNAI a établi quelques critères de rémunération pour les producteurs de “India” : les indiens qui participeront aux tournages devront recevoir un cachet et être signalés au Syndicat des Artistes de Rio de Janeiro et à la FUNAI. De plus, la production du film devra, avant le début du tournage, verser 500 000 cruzeiros à la FUNAI, qui utilisera ces fonds pour des projets de développement de la communauté des Javae.

(...) Ce groupe de travail de la FUNAI a été créé spécialement pour élaborer des normes destinées à discipliner les relations entre les productions cinématographiques et les communautés indigènes, en partant du principe que les photographes, les cadreurs de cinéma et de télévision, ainsi que les musiciens habitués à utiliser les indiens, leur travail et leur art pour une diffusion publique sans offrir une quelconque compensation financière aux communautés ou individus impliqués. “

 

La version de Jean-Pierre Dutilleux
Publiée dans son livre 'Sur la trace des peuples perdus ' (éd. Hugo & Cie – 2015)
“Lorsque le film Raoni est sorti au Brésil, j'ai convenu avec les Indiens de leur donner 10% des recettes. Une première à l'époque. Un jour, Raoni se présente au comptable de l'Embrafilme, la société de distribution brésilienne du film, et réclame son dû. Il est accompagné du coproducteur brésilien Pierre Sagues. Le comptable est interloqué par la présence de cet Indien dans son petit bureau de l'Avenida Brasil, à la sortie de Rio, vers São Paulo. Il explique à Pierre qu'il ne peut lui donner l'argent de cette façon, il faut attendre la réddition des comptes, les rapports qui seront envoyés à la fin de l'exercice, etc. Il ne dit pas un mot de plus car, devinant la situation en forme d'impasse, Raoni lève sa massue en bois de fer, celle qu'il emporte à la guerre pour tuer les ennemis, et fracasse aussitôt le bureau du comptable, qui se brise en deux. Le comptable crie, tombe par terre et en perd ses lunettes ! Pierre le remet debout :

Vous feriez mieux de le payer, sinon nous allons avoir de gros problèmes...”

Le comptable ne se fait plus prier. Du coup, Raoni repart avec une belle sacoche remplie de billets de banque, des cruzeiros, la monnaie de l'époque.”

 

JEAN-PIERRE DUTILLEUX, LE BARRAGE BELGE DE L'AMAZONIE - SOMMAIRE GÉNÉRAL :

1 - LES DESSOUS DU FILM "RAONI" (1979-2015)

2 - STING EXPULSE DUTILLEUX POUR ENRICHISSEMENT PERSONNEL (1990)

3 - « UN BELGE EXPLOITE LES INDIENS D’AMAZONIE ET TENTE UNE ARNAQUE DE 5 MILLIONS $ EN EUROPE » (1991)

4 - DEPOT ILLICITE DE LA MARQUE RAONI (2010)

5 - DUTILLEUX INTERDIT DE SEJOUR CHEZ LES KAYAPOS ET POURSUIVI POUR VENTE DE PHOTOS (2000-2004)