Imprimer

Le 26 novembre 1990, parait un article sur Sting dans le journal anglais Daily Express, Intitulé "Whatever happened to Sting's rainforest cash?" (Qu'est-il donc advenu de l'argent de la forêt vierge de Sting?) Le journaliste James Davies relate le point de vue de la star de la pop sur les histoires qui se racontent depuis le début de l'année sur la gestion de l'argent à la Rainforest Foundation.

Pièce 008 : article "Whatever happened to Sting's rainforest cash?", du Daily Express, le 26 novembre 1990
par James Davies

Télécharger l'article au format PDF (anglais)

Le point de vue de Sting peut se résumer ainsi : il n'y a pas eu de détournement d'argent, personne n'est parti avec la caisse, mais les dépenses ont mal été gérées. A cette époque, Sting est en partance pour le Brésil avec l'intention de repartir sur de bonnes bases avec les indiens, alors qu'il vient de débaucher Larry Cox d'Amnesty International, qui avait 15 ans de service dans l'ONG. Un gage de sérieux pour effacer l'amateurisme des débuts de la Fondation.

Mais le passage le plus intéressant de cet article se trouve à la fin de sa 2e colonne. Sting raconte ce qui est arrivé à l'argent du livre co-écrit avec Dutilleux :

"
  He was embarrassed by the fact that Belgian photographer Jean-Pierre Dutilleux, the man who first introduced him to the indians, did not hand over a penny of the advance he received for the book Jungle Stories which they jointly produced.
  "He said he was a working journalist who needed the money." says String. "I have to accept that. I am a rich man." But sales of the book barely covered the advance.
"

Traduction :
"
Il était embarrassé par le fait que le photographe belge Jean-Pierre Dutilleux, l'homme qui l'avait fait rencontrer les indiens, n'avait pas reversé un centime de l'avance qu'il a reçue pour le livre Jungle Stories qu'ils ont écrit ensemble.
"Il a dit qu'avec sa carrière de journaliste il avait besoin de cet argent." dit Sting. "Je dois accepter ça. Je suis un homme riche." Mais les ventes du livres ont à peine couvert l'avance.
"

Cela corrobore ce que L'article de Rolling Stone suggérait : Dutilleux a bien empoché de l'argent dans l'histoire. En l'occurrence, il s'agit de l'avance du livre. Or, on sait deux choses sur cette avance : elle est énorme, parce que c'est un livre de Sting, et Sting l'a reversée à la Fondation. Dutilleux ne l'aurait pas fait?

C'est là qu'on déduit ce qu'il s'est passé : Dutilleux a toujours dit qu'il reverserait les droits d'auteur, mais il fait une distinction entre l'avance de l'éditeur et les droits reversés à partir du moment où cette avance est remboursée par les ventes. Et vous avez bien lu : l'avance, un an et demi après la sortie du livre, n'est pas remboursée. Ce qui explique que Sting dise que Dutilleux a gagné de l'argent sur le livre sans rien donner à la Fondation.

Voilà où est l'arnaque. Ce n'est pas un mensonge grossier comme semble le dire le présentateur de l'émission  "World in Action", c'est une embrouille d'un niveau quasi-artistique. En disant qu'il avait reversé tous les droits d'auteur aux indiens, Dutilleux se dédouane facilement, puisqu'il a exactement donné zéro, soit en réalité la somme exacte qu'il a touchée en droits d'auteurs. Il n'en reste pas moins que les indiens n'ont rien touché, contrairement à lui, qui a fait passer son devenir personnel avant la cause.

 

JEAN-PIERRE DUTILLEUX, LE BARRAGE BELGE DE L'AMAZONIE - SOMMAIRE GÉNÉRAL

1 - LES DESSOUS DU FILM "RAONI" (1979-2015)

2 - STING EXPULSE DUTILLEUX POUR ENRICHISSEMENT PERSONNEL (1990)

3 - « UN BELGE EXPLOITE LES INDIENS D’AMAZONIE ET TENTE UNE ARNAQUE DE 5 MILLIONS $ EN EUROPE » (1991)

4 - DEPOT ILLICITE DE LA MARQUE RAONI (2010)

5 - DUTILLEUX INTERDIT DE SEJOUR CHEZ LES KAYAPOS ET POURSUIVI POUR VENTE DE PHOTOS (2000-2004)